
En français, vous argumentez.
En anglais, vous résumez.
La réunion est en anglais. Vous suivez la discussion. Vous avez quelque chose à dire. Vous le traduisez dans votre tête. Vous cherchez vos mots. Vous doutez. Vous finissez par les trouver. Trop tard. La conversation est passée à autre chose.
Alors vous vous taisez. Ou vous dites une version plus courte, moins élaborée.
Appel client. Présentation. Question inattendue. À chaque fois, la même chose.
Et cette crainte, en arrière-plan : dire quelque chose de travers, et passer pour moins compétent que vous ne l’êtes.
Une idée que vous ne défendez pas. Une réunion où vous restez en retrait. Une opportunité qui passe à quelqu’un d’autre.
Vous n’êtes pas moins compétent. Mais votre anglais le laisse bien croire. Et à force, vous finissez par en douter aussi.






















